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Présentation : Missions Siwaliks


La Mission "Siwaliks" du Département de préhistoire du Muséum national d'Histoire naturelle (UMR 7194 du CNRS) est la première mission de recherche préhistorique française en partenariat avec l'Inde. Page officielle de l'UMR7194

Le partenaire indien est la "Society for Archaeological and Anthropological Research" de Chandigarh (S.A.A.R.)

Avec l'autorisation de l'Archaeological Survey of India, l'équipe franco-indienne prospecte les piedmonts himalayens de la chaîne des Siwaliks indiens depuis 2003. Elle a pour but la recherche et l’étude des premiers peuplements humains dans le bassin supérieur de l'Indus.

En 2009, la mission découvre à MASOL des traces de boucherie faites par des outils en quartzite sur des fossiles de bovidé de 2,6 millions d'années ainsi que des choppers associés sur et dans les limons pliocènes en cours d'érosion.

Depuis 2012, Yves COPPENS, Professeur honoraire au Collège de France et membre de l'Académie des sciences, Institut de France, parraine la mission française.
“Ces traces de découpages de tendons et de viande sont incontestablement artificielles, c’est à dire faites par un être qui a manipulé avec une main et pas un être qui a manipulé avec une dent. Ça aussi c’est incontestable : par l’allure des incisions, par la section des incisions. L’étude a été très bien conduite. C’est extrêmement intéressant, extrêmement important. C’est une très belle découverte, une très grande découverte, faite par des gens de très grande qualité. Les résultats ont été vus et revus, contrôlés, revisités, et tout à fait sérieux”. Yves Coppens, 24 mai 2016, Institut de Paléontologie Humaine, Ecole Doctorale du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.

“These traces of carvings of tendons and meat are definitely artificial, that is to say made by someone who handled with one hand and not a being manipulated with a tooth. '' Also it is indisputable: by the allure of the incisions, by the section of the incisions. The study was very well conducted. It is extremely interesting, extremely important. It is a very beautiful discovery, a very big discovery, made by people of very high quality. The results were seen and reviewed, controlled, revisited, and quite serious”. Yves Coppens, 24 may 2016, Institut de Paléontologie Humaine, Doctoral School of the National Museum of Natural History, Paris.

Le contexte historique et géologique

La théorie des origines simiennes de l'Homme a été formulée en 1802 par Jean Baptiste de Lamarck, Professeur de Zoologie au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris. Selon sa théorie dite du Transformisme, le climat aurait contraint des grands singes éteints, encore inconnus à l'époque, à se redresser. La théorie fut reprise en 1871 par Charles Darwin qui ne manqua de se référer au naturaliste français. Le premier grand singe fossile hors d'Europe a été découvert en 1879 (Sivapithecus) dans le bassin supérieur de l'Indus, plus précisément dans le plateau du Potwar (Pakistan). Depuis les fossiles du Miocène se sont accumulés le long des piémonts himalayens.

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B : Carte géologique de la chaîne himalayenne avec les formations Siwaliks (Mio-Plio-Pléistocène moyen).

Dans les années 1930, le géologue Helmut de Terra engage une première cartographie stratigraphique du Potwar pour situer des localités riches en choppers-chopping tools accompagné par le paléontologue français Pierre Teilhard de Chardin. Ils identifient de nouvelles localités préhistoriques, mais difficiles à dater. Le bassin supérieur de l'Indus devient ainsi un nouveau berceau de l'humanité attendu à cette époque quelque part en Asie.

La découverte dans les années 1970 d'Australopithèques en Afrique orientale (Ethiopie, Kenya) changea la donne. Le Rift qui sectionne l’Afrique orientale du nord au sud sur 6000 km est ainsi devenu le nouveau berceau de l’humanité. La tectonique en distension (formation d’un futur océan) permet l’exhumation de fossiles de grands singes jusqu’à 23 Ma.

Aujourd'hui la répartition des grands singes asiatiques fossiles se suit le long du contact entre la plaque indienne et la plaque asiatique, du bassin supérieur de l’Indus (Sivapithecus, Indopithecus) aux marches tibétaines chinoises du Yunnan (Lufengpithecus avec une face qui ressemble au Paranthrope africain et un second genre dont la face ressemble à l'orang outan), et en descendant le long de la Birmanie jusqu’en Thaïlande (Khoratpithecus).

La tectonique est inversée, les Siwaliks marquent la disparition d’un ancien océan. Les formations continentales sont compressées, parfois jusqu’à la verticale. La probabilité de trouver des fossiles dans le Rift où les plaques s'écartent est plus élevée qu'en bordure de l'Himalaya où elles se compressent.

Dans la région de Masol, les poches fossilifères contenant des grands singes fossiles se situent à 80 km au nord dans les contreforts de l’Himalaya à 900 mètres d'altitude, elles datent de 8 Ma. Les zones paléontologiques plus récentes réapparaissent en marge des contreforts, à 2,6 Ma, comme à Masol.

Les objectifs

La découverte de Masol montre la présence d'homininés en Asie avant le Quaternaire (2,588 Ma).

Un des objectifs est l'étude des traces intentionnelles selon une approche anthropologique en particulier celles de la paléopsychomotricité manuelle de ces hominiens.

La question posée est leur origine et leur identité. S'agit-il d'une très ancienne espèce du genre Homo venue d'Afrique orientale ?

Les objectifs visent donc à comprendre l'origine de ces homininés.

 

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Site réalisé par Anne Dambricourt Malassé et Germain Gomes, UMR 7194 CNRS - Département de préhistoire MNHN